Fil d’actualité

Nous ne pouvons diffuser que ce que nous savons et comptons sur vous pour nous faire parvenir informations, annonces et communiqués. Les notices les plus récentes sont au haut du fil. Les très anciennes sont en « mémoire de l’actualité ».

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C’EST BIENTÔT L’ÉTÉ (1) –  Avec pour thème Nos petits et grands héros, la douzième édition de Partir en Livre aura lieu du mercredi 17 juin au dimanche 19 juillet 2026. « Au travers de cette thématique, Partir en Livre invite petits et grands à explorer l’univers foisonnant des héros. Une thématique forte, inspirante et fédératrice, qui résonne tout particulièrement avec les imaginaires de l’enfance et de l’adolescence […] Du héros mythologique aux super-héros contemporains, du personnage ordinaire aux figures de l’engagement, la littérature jeunesse ne cesse de façonner et de réinventer ces figures centrales de la narration. Héros et héroïnes peuplent les récits dès le plus jeune âge : aventuriers courageux, jeunes résistants, enfants en quête d’identité ou personnages fantastiques dotés de pouvoirs… Tous et toutes participent à l’éveil de l’imaginaire, à la construction de soi, à l’apprentissage de la complexité du monde. […] Parce que lire, c’est aussi se projeter, s’identifier, rêver, résister, Partir en Livre 2026 mettra en lumière la puissance des récits et des personnages qui, depuis toujours, accompagnent la jeunesse sur le chemin de la lecture et de l’émancipation. Car lire, c’est aussi devenir un peu héros ou héroïne de sa propre histoire. » Le site qui dit tout, très pratique, est ici.

 JULIE, TOUJOURS JULIE – Le jeudi 21 mai 2026, à la Médiathèque Françoise Sagan, 8 rue Léon Schwartzenberg à Paris, rendez-vous avec Christian Bruel, éditeur, écrivain, concepteur d’albums, commissaire d’expositions et auteur d’études critiques, qui tiendra conférence, de 19 heures à 20 heures 45, marquant ainsi l’anniversaire de la parution d’un sacré album. « Il y a cinquante ans paraissait Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon. Cinquante ans, et pourtant pas une ride. Parce que ce livre ne parle pas d’une époque, mais d’un mécanisme toujours à l’œuvre : celui qui enferme les enfants dans des rôles étroits, au prix de leur élan et de leur joie d’être eux-mêmes. […] À l’heure où les questions d’identité, de liberté et de regard porté sur l’enfance restent brûlantes, ce livre demeure un acte de confiance envers les enfants. Un livre qui ne donne pas de leçon, mais qui invite à penser. (extrait de l’éditorial de Thierry Magnier, à l’occasion de la réédition de l’album en 2014). Avec la participation de Thierry Magnier, écrivain et éditeur, et de Marine Planche qui, après travaillé au Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ), dirige actuellement le service Arts et littérature de la Bibliothèque publique d’information (BPI). Présence de la librairie Le Rideau Rouge, qui assurera une séance de dédicaces avec Christian Bruel, de 17 heures 30 à 19 heures.

FÊTE DU LIVRE – « Depuis 1990, La Fête du livre jeunesse de Manosque et Forcalquier a lieu une fois par an et s’adresse à tous les enfants, des tout-petits aux adolescents et à tous les adultes qui souhaitent découvrir la littérature jeunesse actuelle. Elle propose, chaque année, des rencontres avec des auteurs et des autrices, des illustratrices ou illustrateurs, des expositions, des spectacles, des lectures, des animations, des ateliers et une journée professionnelle. » Ce sera, cette année, du lundi 18 au samedi 23 mai 2026 avec l’illustrateur Jérémie Fischer comme invité d’honneur. Autres invités : Guillaume Chaupat, Ariane Hugues, Jean-Baptiste Labrune, Margaux Othats, Fanny Pageaud, Saehan Parc, Vincent Pianina et Marine Rivoal. Organisation : associations Éclats de lire (Manosque) et Croq’livres (Forcalquier). Le programme Manosque est ici, le programme Forcalquier est .

PARCE QUE L’ART – La revue DADA communique : « Un matin de décembre 1991, apparaissait une revue d’art pour la jeunesse. Une première en France. 35 ans plus tard, vous découvrez le trois-centième numéro de cette même revue. Elle a évolué bien sûr mais n’a jamais cessé de paraître, pour vous proposer de découvrir l’art sous toutes ses formes, de façon ludique et accessible. Merci aux dizaines de milliers de lecteurs et lectrices qui accompagnent DADA chaque mois, sans qui cette aventure n’aurait jamais été possible.. Réchauffement climatique, intelligence artificielle, migrations, inégalités entre hommes et femmes, réseaux sociaux, questions d’identité et de genre… Ils et elles ne cessent de nous parler de la société dans laquelle nous vivons. Depuis toujours, l’art reflète son époque. Mais aujourd’hui, face aux révolutions et aux crises, les artistes ne se contentent pas de représenter : ils et elles questionnent, provoquent, dénoncent. Leurs œuvres s’emparent de nos peurs et de nos espoirs et nous donnent à réfléchir. Plongez dans un art où la création devient un miroir tendu vers le monde et vers nous-mêmes. Notre numéro 300 est consacré à l’art contemporain. » Le site de la revue est ici.

 FORMATION – L’Opérateur d’Appui pour la Région de Bruxelles-Capitale propose à tous·tes les médiateurs·rice·s du livre une journée professionnelle consacrée au militantisme et à l’engagement en bibliothèque le vendredi 5 juin 2026, de 9 heures 30 à 16 heures 30 au Centre culturel et sportif Tour à Plomb, 24 rue de l’Abattoir à Bruxelles (Belgique). « Cette journée a pour objectif d’ouvrir un espace de réflexion et d’échanges autour du rôle social, culturel et citoyen des bibliothèques, à partir de pratiques de terrain, de regards croisés et de mises en perspective actuelles. » Raphaëlle Bats ouvrira la journée en posant la question Emancipation, critique et débat démocratique, qu’est-ce qu’une bibliothèque dans un monde troublé ?  Le prise de parole des éditions de La ville Brûle portera le titre  S’engager au risque de déranger : pour une littérature jeunesse de combat. On vous signale la chose mais il semblerait qu’il soit, à ce jour, difficile de s’inscrire, faute de places suffisantes.

EXPOSITION  Du mardi 12 au samedi 30 mai 2026, à la médiathèque Philippe-Labeyrie, place du 6e-R.P.I.Ma, à Mont-de-Marsan (Landes), exposition Gueules de mômes, « une galerie de portraits aussi drôles que poétiques, signée par l’auteur-illustrateur Olivier Ka. Issue du livre éponyme (Le Rouergue, 2025), une immersion dans un univers tendre et décalé à travers cinquante portraits d’enfants hauts en couleur, accompagnés de leurs histoires toutes plus surprenantes les unes que les autres. » L’auteur-illustrateur Olivier Ka raconte : « Je me suis follement amusé à dessiner ces portraits. Ce qui me fait le plus marrer chez les enfants, c’est leur grande faculté à sauter à pieds joints dans l’énorme, et non pas dans les normes. » Exposition dans le cadre d’un partenariat avec le festival Sore ton livre, rendez-vous du livre jeunesse en Haute-Lande, qui se tiendra du mercredi 20 au samedi 23 mai, à Sore.

ON VOUS LE DIT À L’AVANCE – Le site officiel Le Petit Prince communique : « En 2026, une nouvelle page s’écrit pour Le Petit Prince. À l’occasion du 80e anniversaire de sa publication en France, le célèbre conte prend vie pour la première fois sous la forme d’une figurine Playmobil. Cette collaboration réunit deux univers emblématiques, chacun inscrit dans notre patrimoine culturel. Elle offre une nouvelle manière de redécouvrir l’histoire du Petit Prince, à travers un objet à la fois ludique et symbolique, destiné aux enfants comme aux collectionneurs. La figurine reprend les éléments emblématiques du personnage : son costume iconique, le Petit Prince sur son étoile et le geste du lancer d’avion en papier. Le coffret inclut également des stickers et des citations, permettant à chacun de personnaliser sa figurine et de s’approprier cet univers poétique. » Disponible à partir de juillet 2026 au prix de 7,99 euros.

PRIX – La seconde édition du Prix littéraire des tout-petits de Parthenay et de la Gâtine s’est clôturée mardi 5 mai 2026 sur une belle unanimité. Parmi les six livres en lice, l’album 5 petits moutons de Céline Claire et illustré par Sébastien Chebret, publié à l’école des loisirs, a remporté les suffrages, aussi bien chez les enfants que chez les professionnels. « Cette année encore, le vote n’a pas été une formalité : plus de 330 tout-petits et plus de 90 professionnels ont participé au scrutin, pour un résultat qui s’est joué dans un mouchoir de poche.

PARUTION – Vient de paraitre Le roman pour adolescents et le handicap par Chiara Ramero, maitresse de conférences à l’université Grenoble Alpes. Préface : Karine Gros. Postface : Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail. « En s’insérant dans la recherche actuelle sur le handicap et en parcourant un corpus d’œuvres variées adressées aux adolescents, encore peu étudiées, cet ouvrage offre la synthèse d’un travail d’exploration des liens qui existent entre la littérature pour les adolescents, en particulier le roman, et le handicap. Il met en lumière les spécificités des œuvres qui présentent des personnages en situation de handicap et leurs enjeux, et souligne leurs intentions (idéologiques, sociales, politiques, philosophiques, pédagogiques, etc.), en montrant comment les représentations des handicaps, de toute nature, évoluent et se développent en lien avec les mutations socioculturelles et la prise en considération, tant juridique que sociale ou culturelle, de la notion de handicap. S’il se focalise sur la littérature française pour adolescents des quarante dernières années, il invite également le lecteur à un saut dans le passé et dans d’autres contextes culturels et géographiques, afin de retracer l’histoire et l’évolution des représentations du handicap. Quelle est l’image que les romans français pour adolescents donnent de cette question ? Quels sont les enjeux principaux autour desquels ils se construisent ? Comment penser la relation qui existe entre la littérature et le handicap et selon quelle perspective ? Et quel est le point de vue des écrivains sur ce sujet ? » Presses Universitaires de Bordeaux 2026, 336 pages, 30,00 euros.

STATUT DES AUTEURS DE BD – La restitution, en trois vidéos, de la présentation, à l’Assemblée nationale, le lundi 23 mars 2026, des résultats de l’Enquête auteurs 2025 sont ici. Cadrage du document : « Avec près de 1200 réponses, c’est un échantillon très représentatif de la population des auteurs et autrices de bande dessinée qui a répondu à l’enquête en septembre 2025. Les premiers résultats sont présentés sous la forme d’un document d’infographie statistique le plus accessible possible à tous. Il commence par un résumé en 11 points, puis offre près de 100 pages de graphiques et d’analyses. »

PLEIN LES OREILLES – Pour Télérama, Laurence Le Saux a testé les boîtes à histoires numériques. Voici son choix : La Lunii qui propose aux 3-8 ans et aux 7-12 ans de changer le cours de l’histoire qu’ils écoutent ; Merlin, riche des podcasts de Radio France et de Bayard jeunesse ; La Toniebox, plutôt grand public, les histoires étant racontées via de petites figurines ; La Yoto, qui fait aussi fonction d’horloge, de réveil ou de veilleuse et qui permet l’accès à une webradio et à des journaux d’actualité.

ON NE TRANSIGE PAS – Lors d’une audience au tribunal, le jeudi 5 mars dernier, Craig Silvey, auteur à succès de littérature jeunesse australien, a reconnu la détention et la transmission d’images pédopornographiques. Sabine Winton, ministre de l’Éducation de l’état d’Australie-Occidentale, a immédiatement annoncé l’interdiction définitive d’utiliser ses ouvrages comme manuels scolaires. « Les comportements prédateurs envers les enfants sont odieux et n’ont pas leur place dans notre communauté, et encore moins dans les supports pédagogiques étudiés par les élèves de nos écoles » a-t-elle déclaré. Les écoles seront accompagnées pour modifier leur programme de lectures et les élèves ayant envisagé d’utiliser un ouvrage de Craig Silvey pour leurs examens ne seront pas pénalisés. La maison d’édition Allen & Unwinf a annoncé, quant a elle, mettre fin à la collaboration avec l’auteur. « Pendant la procédure judiciaire en cours, nous avons  suspendu la vente, la distribution et la promotion des œuvres de Craig Silvey. Allen & Unwin examinera toutes les mesures possibles pour mettre fin à sa relation avec l’auteur. » Deux livres traduits en France : Le secret de Jasper Jones (Calmann-Lévy, 2010) et L’amulette d’ambre (Actes sud jeunesse, 2012). 

PRIX – Ellie S. Green a remporté le Prix jeunesse : le livre des élèves de Nice  pour son roman  Hazel tout court, et les failles du temps : l’étrange invention de Granny Boum-Boum (Rageot, 2026), après le vote de 300 écoliers et collégiens composant le jury. « Le livre plonge les lecteurs dans l’histoire de la jeune Hazel, une héroïne confrontée à la colère et à l’abandon lorsque ses parents, d’insatiables chercheurs de trésors, la laissent une nouvelle fois derrière eux. Confiée à sa grand-mère, la mystérieuse Granny Boum-Boum, qu’elle n’avait jamais rencontrée, Hazel se lance dans l’exploration de son étrange manoir. Bien décidée à en percer les secrets, elle se retrouve entraînée dans une aventure palpitante à travers les failles temporelles. » Créé en 2022 par la Ville de Nice, le Prix jeunesse : le livre des élèves de Nice a pour objectif principal d’encourager les jeunes à devenir des acteurs engagés de leur propre éveil culturel. Cette initiative est menée en partenariat étroit avec un réseau de libraires indépendants niçois, incluant les librairies Masséna, Jean Jaurès, BD Fugue, La Procure, Les Journées suspendues et Les Parleuses.

PARFOIS UNE BONNE NOUVELLE – Deux mois après l’annonce de sa fermeture en juin prochain, la librairie indépendante Labbé à Blois (Loir-et-Cher) pourrait prochainement renaître. En mars, son propriétaire, Olivier Labbé, a révélé qu’un investisseur privé, ancien directeur de librairie, a signé une lettre d’intention pour reprendre l’établissement fondé en 1837. Huit salariés sur dix poursuivraient l’aventure dont la responsable du rayon jeunesse, lectrice fidèle, chaque quinzaine, du courrier du CRILJ/orléanais.

URGENCE LIBAN – L’association COBIAC (Collectif de bibliothécaires et intervenants en action culturelle), nous informe et nous sollicite : « Constatant que la situation de nombreuses bibliothèques libanaises s’est dégradée du fait des bombardements israéliens et de la situation économique du pays, nous lançons un appel auprès de toutes les personnes (bibliothécaires, élus locaux, usagers) susceptibles de donner des informations même partielles. Toutes formes d’informations sont attendues : destruction totale ou partielle; fermeture, licenciement. Nos objectifs : recenser et documenter  les bibliothèques concernées, alerter et sensibiliser au niveau international sur la situation des bibliothèques libanaises, exprimer la solidarité des bibliothèques et bibliothécaires français en développant des partenariats  entre bibliothèques françaises et bibliothèques libanaises. Au 20 avril 2026, à notre connaissance : les bibliothèques publiques de Bint Jbeil, Kherbet Selem, Taybeh, Khiam,Ainata, Aitaroun, Hermel sont totalement détruites, les bibliothèques publiques de Ansar, Jbaa, Nabi Chit, Haret Hreik sont partiellement détruites. » Adresse mail de contact : contact@cobiac.org

EXPOSITION – Du jeudi 7 mai et au samedi 6 juin 2026, à la librairie-galerie jaune citron, 9 rue des Carmes à Orléans, exposition des originaux de Mais où es donc mini-boulon ? (Biscoto, 2026) signé Youri Roseau et Henriette Soleil. « La famille Boulon, illustre lignée de poux, mène une existence paisible sur la tête de la jeune Louison, jusqu’au jour où une violente bourrasque les arrache à leur chevelure chérie. Projetés sur une casquette à la dérive, les 453 membres de la tribu se retrouvent séparés en pleine mer. Tandis que les parents, désespérés, partent à la recherche de leur progéniture, le plus petit d’entre eux, Mini-Boulon, échoue seul sur une île inconnue. Il y fait la rencontre d’Omar, un bernard-l’ermite philosophe autoproclamé, qui lui promet sagesse et liberté. » Dédicaces avec Youri Roseau et Henriette Soleil le samedi 30 mai, de 15 heures 30 à 158 heures 30.

EN ATTENDANT LES POTS DE YAOURT – La Monnaie de Paris fête le quatre-vingtième anniversaire du Petit Prince en proposant huit mini-médailles mettant en scène le personnage dans des lieux emblématiques de la capitale (Saint Germain des Prés, l’Arc de Triomphe; les Champs Élysées, la place de la Bastille, la basilique du Sacré Cœur, Notre Dame, l’Opéra, le Champ de Mars), ainsi que trois monnaies de 10,00 euros argent colorisées, trois monnaies de 50,00 euros en or ainsi que des monnaies de 5,00 euros, 200,00 et 500,00 euros en or également. Le graveur est un fan : « Le Petit Prince est un habitué à l’atelier de gravure de la Monnaie de Paris et c’est toujours un plaisir de le retrouver et de se réinventer avec lui. Chaque fois que je le dessine, ma tendresse pour l’univers imaginé par Saint-Exupéry se renouvelle. Ca n’est pas un hasard si son personnage reste si actuel quatre-vingt ans après ses premiers pas : l’aviateur a su écrire des choses éternelles. » Pour voir et/ou commander, c’est ici.

OULIPIENNE SORTIE – En 2017, l’écrivaine Clémentine Mélois était accueillie à l’Oulipo, groupement littéraire créé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais dont il est, une fois que l’on y a été admis, impossible de sortir. Elle vient pourtant, ce mardi 5 mai 2026, lors d’une performance soigneusement préparée de suicide putatif, d’en claquer publiquement la porte. Ses raisons : l’inertie et la difficulté du groupe à intégrer des femmes. Rappelons que Clémentine Mélois est autrice, pour les enfants, de Jean-Loup fait des trucs, aux éditions Les Fourmis rouges, et, à l’école des loisirs, de la série « Les Chiens pirates » et de Chère Bertille.

C’ÉTAIT À PRÉVOIR – Le magazine Le 1 XL fête, lui aussi, le temps d’un hors-série, les quatre-vingt ans du Petit prince. Une demi-douzaine d’articles courts dont un signé Riad Sattouf, admirateur de Terre des hommes qu’il a récemment illustré, et un autre signé Philippe Forest qui ne s’intéresse donc pas qu’à Peter Pan. Dans une bande dessinée verticale, Mayeul Vigouroux déroule les déclinaisons les plus notoires du personnage, y compris son apparition, en 1993, aux cotés de Saint-Exupéry, sur un billet de 50 francs. Le poster a été dessiné par Félix Delep. En kiosque, 7,90 euros.

DU NOUVEAU SUR BABELIO – Projet lancé avec le soutien du Centre national du livre (CNL), Babelio inaugure Babelio Jeunesse, un espace à l’intérieur de sa plateforme consacrée aux livres jeunesse et jeune adulte. Le site propose des repères d’âge alimentés par les lecteurs, ainsi qu’un nouveau moteur de découverte par âge, genre, thème ou type de livre. Une autre étape portera sur des informations destinées aux parents et aux prescripteurs. Pierre Fremaux, co-fondateur du site, évoque à ce propos « l’idée d’avoir des espèces d’avertissements parentaux qui permettent de faciliter la sélection. Il s’agira de donner des indications sur certains contenus, par exemple la violence ou un vocabulaire jugé difficile selon l’âge. » Sur ce point, Pierre Fremaux déclare vouloir avancer avec prudence, Babelio ne souhaitant pas que cette partie soit comprise comme un outil de tri moral ou politique, mais comme une aide pour vérifier si un livre convient à un lecteur précis. « C’est pour aider à valider un choix, précise-t-il, pas pour discriminer. »

PATRIMOINE – Première réédition (depuis 2014) des trois premiers titres de la série « Barbapapa », soit Barpapapa (école des loisirs, 1970), Le voyage de Barbapapa (école des loisirs, 1971), La maison de Barbapapa (école des loisirs, 1972). Le format à l’italienne a été conservé et « les illustrations originales d’Annette Tison et Talus Taylor ont bénéficié d’un travail de retouche minutieux. » Une initiative des Livres du Dragon d’Or. Cécile Boulaire avait, en 2023, posé, dans un très bel article, la question suivante : « La série « Barbapapa » : artisanat soixante-huitard ou stratégie marketing bien rodée ? » Le lien est ici.

COMMERCE MONDIALISÉ – La cérémonie de lancement en Chine de la « nouvelle édition commémorative interactive et illustrée du quatre-vingtième anniversaire du Petit Prince (traduit en Chinois depuis 1979) s’est tenue le vendredi 24 avril 2026 à la librairie CIBTC (China International Book Trading Corporation), filiale du Groupe de communication internationale de Chine (CIPG) basée à Beijing. Parmi les invités présents  figuraient Sarah Briand, chargée du secteur « Livres et idées » au Service culturel de l’ambassade de France en Chine ; Wang Tong, directeur général adjoint du CIPG ; Li Zheng, directeur adjoint du département de littérature d’Europe du Sud-Est et d’Amérique latine à l’Institut de littérature étrangère de l’Académie chinoise des sciences sociales ; l’artiste contemporain Shen Jingdong ; ainsi que Ye Jia, fondatrice d’ Art de Vivre. La cérémonie a rassemblé plus de 60 lecteurs et a donné lieu à une exposition sur place de diverses éditions multilingues de l’œuvre. Kamel Yahia, directeur des ventes à l’exportation des Éditions Gallimard, a prononcé un discours par vidéo dans lequel il a souligné que Le Petit Prince trouvait un écho profond auprès des lecteurs chinois, car les valeurs qu’il incarne, notamment celles de bienveillance et de responsabilité, s’inscrivent en parfaite harmonie avec l’esprit culturel chinois. Il a exprimé l’espoir que cette collaboration serve de trait d’union pour renforcer davantage les échanges culturels et la coopération éditoriale entre les deux nations, garantissant ainsi que cette œuvre classique continue de transmettre chaleur et force.

RÉCOMPENSE – Dans la catégorie « Jeune public », le Molière 2026 a été attribué à Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit librement inspiré du conte d’Hoffmann et mis en scène par Johanna Boyé pour la Comédie Française. « Notre Casse-Noisette n’aime pas la guerre et refuse de se battre, tandis que Clara redouble d’audace notamment lorsqu’elle est nommée ministre des Solutions pour rétablir la paix. Elle saura également réunir son ami et la princesse Pirlipatine au pays de l’amour. Émaillé de chansons originales et de quelques pas de danse, ce spectacle tout public offre un voyage dans un drôle d’imaginaire où l’humour s’accorde à l’étrangeté et au farcesque. Au fil de ses aventures, la jeune héroïne nous invite à combattre nos peurs et à panser nos blessures. » Les organisateurs de la cérémonie, un tantinet facétieux, ont fait appel à Chantal Goya pour remettre la statuette à Johanna Boyé.

ANCIENS ENFANTS – L’IFOP vient de mener une étude pour la Fondation Art Explora en partenariat avec France Culture, centrée sur les pratiques culturelles de plus de 4000 Français et Françaises de plus de 18 ans. Premier constat : 86 % d’entre eux jugent la culture essentielle à la qualité de vie, juste après les moments en famille (93 %) et entre amis (89 %). Parmi les répondants, 72 % ont indiqué avoir lu au moins un livre au cours des douze derniers mois, un résultat en forte baisse par rapport aux réponses d’il y a près de 10 ans, en 2017 (85 %). Même tendance pour les visites en bibliothèques ou médiathèques : ils sont 33 % à avoir franchi leurs portes au moins une fois l’année passée, contre 49 % en 2017. Interrogés quant à la raison principale derrière la pratique moindre de telle ou telle occupation culturelle, pour la lecture de livre, les concernés évoquent, à 48 %, le fait de ne pas en « éprouver l’envie », devant le manque de temps (35 %), et très loin devant le manque d’argent (6 %) ou d’informations (4 %). Ainsi donc, la concurrence des autres loisirs, qui limiterait le temps disponible pour la lecture, ou encore les prix en hausse des ouvrages neufs ne seraient pas en cause dans l’éloignement de la lecture.

PARUTION – Vient de paraitre Tabary par Alain Duchêne et Bruno Surgot-Meulien. « Enfin un livre de 300 pages sur la vie et l’œuvre de Jean Tabary, scénariste et dessinateur de BD, créateur de « Totoche, Corinne et Jeannot », « Richard et Charlie » et des inclassables « Grabadu et Gabaliouchtou ». Avec Goscinny, il a créé « Valentin le vagabond » et le célèbre « Vizir Iznogoud ». […] Plus de quatorze ans après sa mort, il n’existait toujours pas d’ouvrage entièrement consacré à cet auteur. Avec la parution de ce livre aux éditions Klev, ce sera désormais chose faite. Au fil de ces pages, Alain Duchêne nous raconte la vie et l’œuvre de Jean Tabary au travers des nombreux entretiens qu’il a eus avec lui. Bruno Surgot-Meulien nous livre pour sa part une bibliographie remarquablement détaillée et nous propose de nombreux documents très rares ou inédits extraits des archives personnelles de Jean Tabary et de sa famille. » Klex 2026, 302 pages, 25,00 euros.

FESTIVAL – À Hellemmes (Nord), le festival Histoire d’En Lire, c’est, ce sera du mercredi 6 au jeudi 28 mai 2026, avec l’auteure-illustratrice Anne Brouillard comme invitée d’honneur. L’exposition Le temps d’un voyage qui lui est consacrée « met en avant l’univers poétique d’Anne Brouillard, caractérisé par des dessins calmes, aux plans larges et immersifs, invitant à la contemplation et à l’imaginaire. Inspirés par son travail, des artistes et des enfants ont créé ensemble des œuvres issues de balades imaginaires peuplées de personnages et de paysages oniriques. L’événement présente également des originaux de ses albums et propose au public de plonger dans cet univers riche et envoûtant. » De nombreuses activités tout au long du mois auxquelles il ne faut pas oublier de s’inscrire. Plaquette-programme ici.

ON A FÊTE LE 1ER MAI – Le Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale qui se déroulait chaque année, le 1ier mai, sur la Grand-Place d’Arras, a connu vingt-trois éditions. Il est, depuis deux ans, remplacé – autre lieu, autre format – par le salon TaPage littéraire organisé, aux écuries des Hautes Fontaines, par les bénévoles de l’association Leecol. Cette année, trois thématiques avaient été retenues : la pollution de l’eau, la justice, la concentration dans le livre et les médias avec pour invité principal Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, spécialiste de l’histoire de l’édition, du livre et de la lecture. Pour les jeunes lecteurs, un coin-jeu et la participation des autrices et auteurs Sophie Huet, Marie Suel, Hervé Hernu  et Philippe Bialek

PARUTION – Vient de paraitre une nouvelle édition de Comment dessiner ? : 50 trucs pour devenir un as de la BD  par Zep et Tebo. « Tu as toujours rêvé d’être le roi de la BD ? De savoir dessiner un léopard ou un slip en trois minutes et deux coups de crayon chrono ? De prendre des cours particuliers avec des stars de la BD, des vraies, qui te révéleraient tout de leur quotidien de paillettes et de tâches d’encre de Chine ? Alors ce petit ouvrage aussi drôle qu’instructif est fait pour toi. Un manuel de référence utilisé par les plus grands dessinateurs (comme Zep et Tébo) et recommandé par les plus grands scénaristes (comme Zep et Tébo aussi). Avec Comment dessiner, le dessin est enfin à la portée de tous. Avec des strips truffés de vrais conseils de pros mais aussi de gags poilants, Zep et Tebo livrent tout de leurs trucs et astuces. » Glénat 2026, 48 pages, 11,50 euros.

PRIX – À Annonay (Ardèche), à l’occasion de la seizième édition de la Fête du livre jeunesse, Le Prix de l’illustrateur jeunesse a consacré Pierre Vaquez pour son travail de graveur en taille-douce sur Charlie’s Follies Sarbacane, 2025). « Le timide Charlie sort toujours à la nuit tombée, avec son caddie qu`il remplit de trouvailles abandonnées sur le trottoir. Chez lui, il y en a plein l’atelier, entre les bassines où goutte la pluie sous les trous du toit. Il en fait des machines hétéroclites aux fonctions fantaisistes, qu`il place devant les baies vitrées. Et pour elles, il danse les claquettes de joie, quand nul ne le voit. Un jour, un couple demande à acheter ses robots. Tous ses robots. Charlie se retrouve riche. Mais seul. » Le texte est signé Didier Levy.

EXPOSITION – A la Bibliothèque Pinel, 7 place Marius Pinel à Toulouse (Haute Garonne), du mardi 5 mai au vendredi 26 juin 2026, exposition Parents-Enfants, tout un art ressemblant des images signées par douze illustrateurs (dont nous n’avons pas trouvé les noms). « À travers leurs images, douze illustrateurs nous proposent un regard singulier sur la parentalité. Des moments ordinaires de complicité, mais aussi de jeux et de découvertes qui semblent souvent comme autant de joies partagées. À la beauté de ces instants s’ajoute la diversité des techniques employées. Aquarelle, crayons de couleur, collage, gravure ou encore couture nous plongent dans la création et son incroyable richesse. Ces œuvres toucheront les grands comme les petits. »

PARUTION – Vient de paraitre C’était pas gagné ! De l’échec scolaire au CNRS, histoire d’une remontada par Marwan Mohammed. « Marwan Mohammed est aujourd’hui un sociologue connu et reconnu. […] Son milieu modeste, son lourd échec scolaire, son orientation en filière pro : rien ne le destinait à une brillante carrière universitaire. C’était pas gagné ! fait le récit des petites victoires, des rencontres déterminantes et des stratégies – pas toujours inspirées – qui lui ont permis de surmonter ce mauvais départ et de lancer cette remontada. En mêlant les concepts de la sociologie à des métaphores footballistiques, l’auteur raconte ainsi sa jeunesse au quartier, ses efforts pour apprendre à devenir étudiant, ses engagements associatifs et sportifs, ses combats intellectuels. Marwan Mohammed ne s’est pas fait tout seul. Puissant outil d’émancipation et d’éducation populaire, la sociologie lui permet de penser son histoire personnelle comme une véritable histoire collective, où priment la solidarité et l’entraide. La sociologie est un sport collectif. Et, comme au football ou dans la vie, à la fin, c’est soudés et en équipe qu’il est possible de l’emporter. » La découverte 2026, 280 pages, 20,00 euros.

C’EST AU QUÉBEC – « À quelle fréquence les parents font-ils la lecture à leur enfant ? Quelle proportion des tout-petits feuillettent des livres tous les jours ? Comment ces pratiques liées à la lecture ont-elles évolué entre les premiers mois de vie et l’âge de deux ans et demi ? » Une étude Grandir au Québec, qui portent sur les enfants nés au Québec en 2020-2021, donnent quelques éléments de réponses. L’étude est accessible à cette endroit.

PRIX VENDREDI – Premier prix national de littérature pour ados lancé en 2016 par le groupe jeunesse du Syndicat national de l’édition (SNE), le Prix Vendredi récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux plus de 13 ans. Pour ses dix ans, le prix se dote d’une nouvelle identité graphique, de nouveaux partenariats – Babelio rejoint la Fondation d’entreprise La Poste, la SOFIA, le CFC, la Fondation Jan Michalski, le magazine Je Bouquine et le Pass Culture. En plus des rencontres en librairies et en bibliothèques organisées depuis deux ans à destination du grand public en présence des autrices et auteurs de la sélection, des rencontres entre des scolaires et les autrices et auteurs seront également développées. Les maisons d’édition peuvent proposer chacune un ouvrage francophone destinés aux plus de 13 ans, jusqu’au vendredi 19 juin 2026. ​ FORMATION – Parmi les formations que l’école des loisirs proposent aux enseignants, citons Le rôle de la couleur dans l’album par Morgane Vasta, le mercredi 3 mai 2026, de 13 heures 45  – heure du café – à 16 heures 30, au 11 rue de Sèvres à Paris. « La couleur semble aller de soi lorsqu’on lit un album. Pourtant, si nous lui portons une attention particulière, nous sommes tout à la fois surpris, éblouis et charmés, car la couleur, autant que le dessin et le texte, participe au récit. Comment les auteurs d’albums utilisent-ils la couleur ? Pour répondre à cette question, nous vous proposons un atelier d’analyse d’images pour explorer le rôle de la couleur dans des univers graphiques différents. » Pour s’inscrire, c’est ici 

PRIX – le Prix BD des lycéens de la Région Île-de-France à été attribué à Lauriane Chapeau (scénario) et Violette Benilan (dessin et couleurs) pour Petite Grande (Glénat, 2024).  « Lauriane fouille le passé. Du traumatisme vécu lors de son année de CP à l’entrée de sa propre fille à l’école, elle nous emmène avec rage et humour dans les coulisses d’un silence et de ses conséquences. »

VERS L’AUTONOMIE – Le numéro de Takam Tikou de mars 2026 que publie, à la BnF, le Centre national de la littérature pour la jeunesse est en ligne. « Le moment où un enfant lit tout seul constitue une étape fondatrice. Il marque le passage de la lecture partagée, souvent portée par la voix d’un adulte, à la découverte intime des livres. Mais comment naît ce plaisir de lire ? Le dossier de ce numéro s’attache à ce moment charnière et à la diversité des contextes dans lesquels les enfants accèdent à la lecture autonome. Les contributions et les bibliographies réunies ici montrent comment les premières lectures façonnent l’imaginaire, éveillent la curiosité et peuvent même susciter des vocations, à l’image de la librairie coréenne Chobang : née d’un amour des albums, elle est devenue un lieu vivant où se rencontrent artistes et lecteurs. » Le lien vers le dossier Chouette, je lit tout seul ! est ici

EXPOSITION – À la Maison des Arts Solange Baudoux, place du Général-de-Gaulle à Évreux (Eure), depuis le mercredi 22 avril et jusqu’au samedi 23 mai 2026, exposition Les Îles au trésor consacrée à François Place. « L’œuvre de François Place est nourrie de ses lectures et surtout de son amour pour le dessin et les cartes. Enfant, il dessinait déjà des batailles où les soldats de plomb étaient remplacés par des personnages soigneusement peints. C’est ce monde en miniature qu’il a développé et à peine agrandi dans ses livres. Il aime les techniques à l’eau, comme l’encre et l’aquarelle. […] L’exposition se compose de nombreux originaux, croquis, carnets, qui représentent les mondes extraordinaires imaginés par François Place à travers ces albums, romans et illustrations pour d’autres auteurs. » 

POUR UNE CLAUSE DE CONSCIENCE – Près de 80 auteurs ayant publié chez Grasset jeunesse – dont Christophe Besse, Serge Bloch, Nicole Claveloux, Pierre Cornuel, Ylia Grenn, Henri Meunier, Sèverine Vidal – appellent, dans une tribune publié le mardi 21 avril 2026, au respect de « la liberté de création » et à la création d’une « clause de conscience » dans l’édition après le licenciement du PDG de la maison d’édition, Olivier Nora. « L’ADN d’une maison d’édition dépend des gens qui y vivent et la font vivre, affirment les auteurs signataires, Aujourd’hui, nous espérons que cette maison qui nous a accueillis saura nous traiter avec le même respect que depuis la création de la collection jeunesse, il y a 53 ans. Et nous souhaitons rappeler que […] la liberté de création est indispensable aux bons livres ». Le département jeunesse de Grasset, qui se présente comme « une petite maison dans la maison », publie une douzaine de livres par an. Les signataires, qui ont le reçu le soutien de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, indiquent aussi « se joindre au débat sur le droit à une clause de conscience qui nous laisserait le choix de rester ou de déménager ».

VERS UNE SORTIE DE CRISE OU PAS  – Un nouveau projet a été retenu par l’Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA), ce mardi 21 avril 2026, pour relancer, en 2027, le Festival international de la bande dessinée. Le projet sélectionné est porté par Marie Parisot, ex-cadre des éditions Dargaud et des Humanoïdes Associés, et Céline Bagot, fondatrice du Pop Women Festival à Reims et qui a longtemps travaillé pour le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD), adossées au groupe Morgane, déjà impliqué dans les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges. L’ADBDA estime qu’il le projet « répond aux attentes de l’ensemble de la filière en termes d’exigence artistique et de diversité des esthétiques » et qu’il « confirme la place centrale des autrices et auteurs ». La société 9e Art+ et l’association FIBD contestent cette décision et ont saisi la justice. Elles dénoncent une « appropriation brutale » de l’événement et évoquent une « tentative de spoliation ». Leur action vise à faire annuler l’appel à projets et à empêcher la tenue d’un événement concurrent. Fragilisé par les polémiques de 2025, par un appel au boycott de la majorité des auteurs et autrices et par le retrait de partenaires publics et privés, le festival n’a pas pu se tenir en 2026, une première hors période de Covid-19. Habituellement fréquenté par près de 200.000 visiteurs, il représente un enjeu économique majeur pour la ville et le secteur culturel.

MÊME SI CE N’EST PAS UN VRAI SONDAGE – À l’occasion de la Journée mondiale du livre du 23 avril, 20 minutes à enquêté pour tenter d’établir une liste des livres les plus « surcôtés » : aux côtés de L’Alchimiste de Paulo Coelho, Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin ou La femme de ménage de Freida McFadden, on trouve, plutôt assez souvent cité, Le petit Prince de qui vous savez.

EN TAILLE ADULTE – Né dans les années 1930, Babar, créé par le couple Brunhoff, n’a jamais quitté le monde de l’édition et de la presse. Aujourd’hui, c’est la marque de vêtements Undiz qui emprunte le personnage. Dans une collection lounge entièrement dédiée à ce héros de la littérature de jeunesse, « l’animal tout mimi se déclinant depuis peu sur des pièces du vestiaire confortables et basiques, parfaites pour tous les moments de vie, en vadrouille dans la ville comme emmitouflée dans le lit. » Tee-shirt blanc à imprimé avec encolure bleu marine, marinière à manches longues et shorts assortis, les prix oscillent de 12,99 euros à 22,99 euros.

PRIX – Chaque année, à la Foire du livre pour la jeunesse de Bologne, sont décernés les BCBF BolognaRagazzi Awards. Les lauréats de l’édition 2026 sont : Fiction : Ingrávida de Fran Pintadera et Raquel Catalina (Bookolia, 2025) – Espagne ; Non fiction : Who Am I ? de Qais Hinti et Esraa Hedery (Al Salwa Publishers, 2025) – Jordanie ; Opera prima : Dove andiamo quando moriamo ? de Samy Ramos et Samy Ramos (Corraini Edizioni, 2025) – Italie ; Toddler : Río Viento d’Adolfo Córdova et Mariana Alcántara (Ediciones El Naranjo, 2025) – Mexique ; New horizons : Village de Julie Safirstein (Éditions du livre, 2025) – France ; Fables & fairy tales : The Story of a Brother and a Sister de Lee Uk Bae et Lee Uk Bae (Sakyejul Publishing, 2020) – Corée du Sud ; Comics early reader : Casey’s Cases: The Mysterious New Girl de Kay Healy (Neal Porter Books, Holiday House Publishing, 2025)-  USA ; Comics middle grade : Le Journal de Samuel d’Emilie Tronche (Casterman, 2025) – France ; Comics Young adult : Sentimental Kiss de Camille Van Hoof (L’employé du moi, 2025) – Belgique. Pour les détails, c’est ici.

PARUTION – Vient de paraitre Toutes sortes de Misérables par Tiphaine Samoyault. « À partir d’un souvenir de lecture d’enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l’étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu’à devenir l’un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question Faut-il réécrire les classiques ? apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l’autrice montre qu’un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s’affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant cancel culture et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l’enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l’indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n’est pas synonyme d’annulation, bien au contraire, puisqu’elle prolonge le plus souvent la vie des œuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire. » Le Seuil 2026, 252 pages, 21,00 euros.

FÊTE DU LIVRE – La fameuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (Rhône) aura lieu du mercredi 22 au dimanche 26 avril 2026 : des rencontres, des ateliers, des expositions, des projections. L’artiste associée cette année est Marie Mirgaine. Son exposition est à découvrir depuis le lundi 16 mars jusqu’au samedi 2 mai, à la maison du livre, de l’image et du son. Le site de la manifestation est ici.

REMISE EN AVANT – Le classique des studios d’animation Walt Disney Alice au pays des merveilles fête cette année « un non-anniversaire très spécial et très joyeux ». Le long métrage d’animation revient dans une superbe restauration 4K disponible en version numérique et en Blu-ray 4K Ultra HD. Le film sera projeté en avant-première lors d’une soirée unique, au Festival du film TCM, le vendredi 1er mai 2026. La restauration 4K a été supervisée par l’équipe de restauration des films Walt Disney. Pendant neuf mois, des artistes ont réalisé une numérisation des négatifs originaux en nitrate à expositions successives (SE), suivie d’un nettoyage minutieux pour éliminer la poussière, les déformations et les traces d’usure liées au temps. L’équipe s’est également appuyée sur les illustrations de production originales conservées par la bibliothèque de recherche d’animation Walt Disney afin de garantir que la restauration reste fidèle à la vision originale des cinéastes, en étroite collaboration avec un vétéran des studios d’animation Walt Disney, Michel Giaimo, pour examiner chaque prise de vue et affiner la couleur et la luminance. L’édition Blu-ray proposera des bonus rares, notamment des images d’archives et des moments de tournage inédits. On retrouvera également plusieurs séquences de référence (commentées par Alice elle-même) ainsi que des courts métrages (tels que À travers le miroir avec Mickey en personne), une sélection de scènes coupées et des clips musicaux.

AVEC ADRIEN POUSSIER – Dans la galerie de la librairie Ombres blanches, 3 rue Mirepoix, à Toulouse (Haute Garonne), accueil de  l’auteur, illustrateur et dessinateur Adrien Poissier, pour un stage de quatre jours, du lundi 27 au jeudi 30 avril 2026; de 14 heures 30 à 16 heures, pour découvrir les principes de l’aquarelle, créer un personnage de bande dessinée, découvrir les techniques du dessin d’observation, utiliser la plume et l’encre de Chine. Participation : 50,00 euros pour les quatre ateliers ou 15,00 par atelier. Inscription obligatoire auprès au 05 34 45 53 37. Séance de dédicaces, le jeudi 30 avril à 16 heures,  dans le rayon jeunesse.

COMME À LA RADIO – « C’est l’occasion en cette période de vacances scolaires de conseiller des livres qui rendront heureux de lire vos enfants ou petits-enfants. » a fait savoir, ce mercredi 22 avril 2026,  Ali Rebeihi, animateur de Grand bien vous fasse !, émission phare de France-Inter consacrée à la vie quotidienne, à la santé, à la psychologie et au développement personnel. Autour de lui : Marilyne Duval, bibliothécaire et animatrice du club de lecture LékriDezados des bibliothèques de Montreuil, Léon Rio, membre du club de lecture LékriDezados, Raphaële Botte, journaliste en charge de la littérature jeunesse à Télérama et en presse jeunesse, Régine Hatchondo, présidente du Centre national du Livre et Maxime Massole, libraire spécialisé dans le département jeunesse de la librairie parisienne Chantelivre. Pour réécouter, c’est ici.

UN CLASSIQUE SUR LES PLANCHES – Au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris, jusqu’au dimanche 10 mai 2026. Olivier Twist, d’après Charles Dickens. Adaptation et mise en scène : Ned Grujic. « Emporté dans un souffle épique par six jeunes comédiens-chanteurs-danseurs, le chef-d’œuvre de Dickens devient une grande comédie musicale. Les artistes nous emmènent dans les bas-fonds de Londres en nous contant cette histoire à la façon des bonimenteurs du XIXe siècle. Ils deviennent tour à tour Oliver Twist, Nancy la fille des rues, Bill Sikes le truand, le retors Fagin, Charley l’enfant rigolard ou le rusé Finaud. Entre rire et larmes, dans une ambiance proche des  Enfants du Paradis ou du Kid, chansons, ballets et claquettes s’allient pour nous offrir la magie de Londres à Paris. Une comédie musicale pour les enfants et les parents qui veulent retrouver leur âme d’enfant. » Représentations le mercredi et le samedi à 14 heures 30, le dimanche à 14 heures. A partir de 10 ans. Réservations ici

REVUE – Au sommaire du numéro 103 (avril 2026) de la revue Citrouille que publie l’Association des librairies spécialisées jeunesse, une riche présentation des Prix Sorcières 2026, un dossier conséquent à propos du polar pour la jeunesse, une bonne quinzaine de pages d’analyse de nouveautés, une visite dans l’atelier d’Audrey Poussier et deux pages qui questionnent la loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Gratuit dans toutes les librairies « sorcières ».

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET DROITS D’AUTEUR – La maison d’édition britannico-américaine Penguin Random House a annoncé, le mardi 31 mars 2026, avoir déposé plainte en Allemagne contre OpenAI, créateur de Chat GPT, accusant son intelligence artificielle d’avoir enfreint les droits d’auteur de livres allemands pour enfants. Avec de simples requêtes, le chatbot « restitue de manière reconnaissable » des contenus protégés par le droit d’auteur et génère des illustrations qui ressemblent à s’y méprendre à celles d’Ingo Siegner, illustrateur des albums originaux. « Nous sommes fondamentalement ouverts aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle, mais la protection de la propriété intellectuelle reste pour nous une priorité absolue », assure Carina Mathern, directrice éditoriale de la section jeunesse de Penguin Random House qui réclame davantage de transparence pour les lecteurs et des mesures de protection adéquates.

JEUNE PUBLIC EN OFF – Dans la salle de lecture de la Maison Jean Vilar, antenne avignonnaise de la BnF, 8 rue de Mons, depuis le mercredi 1ier avril et jusqu’au samedi 25 juillet 2026, exposition Que le spectacle commence ! L’aventure du théâtre jeune public au Festival Off d’Avignon depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui. « À travers tracts et affiches, mais aussi textes et captations, l’exposition aborde les diverses formes de la création jeune public au Off. Des animations pour les enfants et leurs parents (lectures, visites guidées, ateliers d’écriture) accompagneront l’exposition. » Charly André Guibaud, chercheuse associée au département des Arts du Spectacle, au sein de l’antenne avignonnaise de la Maison Jean Vilar effectue actuellement un pré-catalogage du fonds PFAO, constitué des archives du festival Off d’Avignon pour la période 2000-2005, sous l’angle du théâtre jeune public qui était resté un angle mort de la recherche. Site de la Maison Jean Vilar ici.

QUID DES JEUNES LECTEURS – Le Centre National du Livre (CNL) a publié, le lundi 14 avril 2026, la cinquième édition de son étude Les jeunes Français et la lecture. Réalisée en ligne par Ipsos BVA, l’étude porte sur un échantillon de 1 500 jeunes de 7 à 19 ans. Elle montre que la lecture des jeunes est globalement stable par rapport à 2024 : 84% lisent pour l’école, les études ou le travail ; 81% lisent pour leurs loisirs. Dans un article publié sur Le Café pédagogique, Jean-Michel Le Baut qui, parlant des adolescents, demande de ne pas les accabler de notre mépris car « ils ont bien des raisons de ne pas lire, ce qui ne signifie évidemment pas qu’ils ont raison », conclut en pointant ce qui ne sera pas partout perçu comme une saine remarque : « L’étude du CNL est un symptôme, un de plus, de la maladie qui nous ronge. Non pas la maladie de la lecture, mais celle de notre posture. Puissions-nous renoncer à la tentation du repli et de l’orgueil, libérer la lecture de notre culture de classe (y compris d’âge), gagner enfin en clairvoyance et combativité. » L’article en entier est ici.

STAKANOVISME THÉÂTRALE – Fondée en 1973 par Jean Pierre Idatte, la Compagnie 3 Chardons programmait encore récemment plus de 2 400 représentations par an, dans trois théâtres, à Paris, Nancy et Nantes, et dans près de 2000 écoles. Très nombreux furent les jeunes écoliers qui, en maternelle, parfois au CP, plus rarement au CE, ont passé un moment avec Pitou, Leïla ou Tchico. Une proposition très calibrée, appréciée par nombre d’enseignant(e)s qui pensent que le théâtre pour les petits, c’est ça. Pour ceux ou celles qui ne connaitraient pas, rappelons le principe : chaque spectacle de 45 minutes environ – une vingtaine au catalogue, tous accompagnés d’un album et d’un CD – est conçu pour être interprété, la plupart du temps dans la salle de jeu, par un comédien qui intervient seul, à la fois conteur, manipulateur de marionnettes et animateur du groupe d’enfants. Les décors ont été réalisés en plusieurs exemplaires de manière à présenter le spectacle au même moment, en plusieurs endroits. Plus de trois cent cinquante mille représentations devant plus de trente millions d’enfants. L’entreprise qui semblait faite pour durer toujours a vu, ces dernières années, son modèle se fragiliser : avec la gratuité obligatoire et la raréfaction des kermesses, « les écoles doivent désormais se débrouiller pour financer les spectacles qu’ils accueillent sur leurs fonds propres et cela devient difficile », explique Jean Pierre Idatte. Une situation que la Compagnie 3 Chardons arrivait encore à maîtriser jusqu’à l’arrivée du Covid : dix-neuf mois sans activité, des loyers impayés, le refus du prêt garanti par l’État, et un plan de remboursement imposé par le tribunal. « Si on n’arrive pas à respecter nos échéances, le bailleur a le droit de nous expulser. Et si on est expulsés de notre théâtre parisien, la compagnie disparaît : plus d’ateliers, plus de stock, plus rien. » résume le fondateur. Sur les 160 000,00 euros dus, il en reste encore 80 000,00 à réunir avant l’été, période sans aucune recette. Une campagne participative a été ouverte et elle est ici.

PARUTION – Vient de paraitre Gais, innocents et sans cœur : à propos de Peter Pan par Philippe Forest.  » Pour sa fille, comme il l’avait fait autrefois et ainsi que le relatait déjà son premier roman, trente ans après, Philippe Forest entreprend de raconter à nouveau l’histoire de Peter, le petit garçon qui ne voulait pas grandir, et de Wendy, qui fut peut-être la véritable héroïne de la fable autrefois inventée par l’écrivain écossais James Matthew Barrie. Aux aventures enchantées qui menèrent les deux enfants vers le territoire merveilleux du Neverland, à la sombre et pathétique existence de l’homme qui, pour se distraire de sa mélancolie, conçut cette inoubliable légende, Philippe Forest mêle un peu du récit de sa propre vie. Pour l’auteur, on le sait, toutes les histoires existent avant même qu’on s’en empare. Plus de quinze livres n’ont pas épuisé cette réflexion sur l’enfance éternelle et sur la littérature, que Philippe Forest renouvelle magnifiquement. » Gallimard 2026, 160 pages, 18,00 euros.

UN CADEAU FAMILIAL – C’est l’album Au gré du vent de Mélie Giusano (Thierry Magnier, 2025) qui a été sélectionné pour l’édition 2026 de l’opération Premières Pages porté, dans l’Aude, par le Département, en partenariat avec la CAF, la MSA Grand Sud et le Réseau d’écoute, d’aide et d’accompagnement des parents. Cette initiative vise à offrir un livre à toutes les familles ayant eu ou adopté un enfant en 2025. La distribution des ouvrages débutera en juillet 2026, avec l’appui de la bibliothèque départementale de l’Aude, qui coordonnera les lieux de distribution et mobilisera les professionnels pour accompagner les familles.

PRIX ALMA – Le prix Astrid Lindgren (ALMA) pour la littérature jeunesse a été décerné, à Bologne, à l’illustrateur et auteur canadien Jon Klassen. Motivation du jury : « À travers sa narration subtile et évocatrice en mots et en images, Jon Klassen ouvre de nouvelles perspectives sur notre place dans l’univers. Que se passe-t-il lorsqu’un rocher tombe du ciel, lorsque les chapeaux disparaissent ou qu’un crâne commence à vivre sa propre vie? Avec précision, émotion et esprit inventif, les défis de l’incertitude et de l’espoir de la vie sont dépeints dans une interaction de couleur et de forme. Les contes brillants de Jon Klassen se démarquent par leur élégance sans effort et leur profondeur ambiguë, où le lecteur devient un co-créateur. » Déjà récompensé pour son livre Je veux mon chapeau (publicetion en France, par Milan, en 2020) d’une Médaille Caldecott et d’une Médaille Kate Greenaway, toutes deux décernées par des bibliothécaires professionnels. Le prix Astrid Lindgren, créé en 2002 en l’honneur de la romancière suédoise créatrice du personnage de Fifi Brindacier, est doté de cinq millions de couronnes suédoises (462 000,00 euros). Remise du prix, à Stockholm, le lundi 25 mai 2026.

EXPOSITION – Au Centre André François, Médiathèque Jean Moulin, 70 rue Aimé Dennel à Margny-lès-Compiègne (Oise), du samedi 18 avril au samedi 11 juillet 2026, exposition Vagabondages en faune et flore consacrée à Émilie Vast. « Entrez dans l’univers faunique et floral d’Émilie Vast. Plasticienne, autrice et illustratrice, elle s’amuse à faire voyager le lecteur dans un environnement composé de couleurs en aplat et de contrastes, avec doigté et onirisme. Insectes et animaux des sous-bois, fougères, fleurs viennent peupler ses albums propices à la contemplation. Cette poésie graphique traduit un amour profond pour la nature. Les modules de jeux qui constituent l’exposition forment un parcours à travers ses livres, mais aussi au sein d’un microcosme où règne la vie de nombreuses petites bêtes et une végétation envoûtante. » Émilie Vast sera en résidence au Centre André François au mois de mai. À cette occasion, elle animera plusieurs ateliers de création artistique dans les classes de Margny-lès-Compiègne. Elle profitera également de ce temps de résidence pour poursuivre le projet Art en ville, mené depuis 2023, avec la réalisation d’une fresque murale dans le parc de la mairie, autour du thème de la faune et de la flore. Vernissage de l’exposition le samedi 30 mai, à 15 heures, précédé d’un moment de dédicaces, à partir de 14 heures.

SE TENIR SUR SES GARDES – Le collectif EducNat contre Bolloré a organisé récemment, à Paris, une réunion publique avec pour objectif « d’amplifier un appel national au boycott des manuels scolaires estampillés Hachette ». En effet, Vivendi, groupe d’édition du milliardaire breton, a, fin 2023, pris le contrôle d’Hachette Livre, qui regroupe notamment Armand Colin, Hatier, Dunod, Stock et Fayard. Bérangère, enseignante dans le Tarn, précise : « La patte de Bolloré n’apparaît pas encore dans les contenus pédagogiques des manuels scolaires, mais le risque est bien là ». Rappelons que les contenus d’enseignement sont encadrés par le Conseil supérieur des programmes, structure indépendante rattachée au ministère de l’Education nationale, et que ce sont des professeurs, des chercheurs, des scientifiques nommés par le ministre, mais aussi des députés et des sénateurs qui bornent le contenu des programmes officiels. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la crainte de voir mis en chantier de nouveaux ouvrages déroulant le roman national est, toutefois, bien réelle.

PAN SUR LE BEC – Linlin Liu, étudiante chinoise en littératures francophones à Paris, a soutenu avec succès, le mercredi 18 mars 2026, à la Sorbonne, une thèse de doctorat titrée Inspirations surréalistes des albums jeunesse : Tomi Ungerer, Claude Ponti, Maurice Sendak, Anthony Browne, Chris Van Allsburg. Ébloui, peut-être, par ce choix de cinq auteurs et/ou illustrateurs publiés par l’école des loisirs, Guillaume Fabre, directeur de la rédaction de L’École des lettres (que publie l’école des loisirs), qui assistait à la soutenance, conclut son compte-rendu en se félicitant que l’événement crée un précédent puisque la littérature de jeunesse se voit ici adouber comme « corpus digne d’être étudié à l’université ». Son ignorance lui vaut une réponse cinglante signée Cécile Boulaire et Mathilde Lévêque dans laquelle elles font savoir, à Guillaume Fabre spécifiquement, que « près de 200 thèses de doctorat françaises ont été consacrées aux livres pour enfants » dont 22 à la Sorbonne. Le fait que le directeur de thèse de Linlin Liu soit Antony Soron, maître de conférences à la Sorbonne et collaborateur régulier de L’École des lettres aurait, pour le moins, pu permettre d’éviter ce ridicule cafouillage. Le compte-rendu de Guillaume Fabre est ici. La réponse de Cécile Boulaire et Mathilde Lévêque est .

REVUE – Dans le numéro 88 (mars 2126) de Papiers Nickelés, revue de l’image populaire, plusieurs articles ayant, de près ou d’un peu plus loin, un lien avec la culture imagière des plus jeunes, soit un texte à propos de Bonux-Boy, un autre sur Olive Oyl, un troisième sur les illustrateurs d’Enid Blyton et – gardons le meilleur pour le fin – cinq pages documentant les publicités et pochettes de vinyles dessinées par Nicole Claveloux. Le site de la revue est ici.

LANCEMENT RÉUSSI – Alexis Dos Santos, designer portugais, a recréé la fusée à damier rouge et blanc d’Objectif Lune et d’On a marché sur la lune en briques de Lego. La maquette se compose de 1283 briques et mesure 49 cm de haut. Dans le poste de pilotage, six mini-figurines de Tintin, Milou, Haddock, Tournesol, Dupond et Dupont peuvent prendre place, vêtus de leurs scaphandres orange. Alexis Dos Santos a déposé son projet sur la plateforme Lego Ideas où les passionnés de Lego proposent des créations originales. Quand une idée recueille au moins 10 000 votes en ligne, des experts de Lego mesurent sa faisabilité en matière de qualité de construction, de valeur pour la marque et d’originalité. Passé ce test, le projet entre en phase de développement pour devenir un ensemble de construction Lego officiel. Son créateur est mis à l’honneur et reçoit un pourcentage sur les recettes. En collaboration avec Alexis Dos Santos, la designer Lego Ellen Bowley a retravaillé son modèle afin qu’il réponde aux standards de la marque. Objet de décoration, la fusée est désormais parvenue au stade de la commercialisation. Les premiers exemplaires se sont écoulés en quelques jours et le réapprovisionnement devrait permettre des expéditions d’ici le 16 juin 2026. Prix de la boite : 159,99 euros. Page dédiée ici.

PARUTION – Vient de paraitre, en Pléiade, Peter Pan de J.M. Barrie. Édition établie par Cornelius Crowley, Jean-Michel Déprats et Philippe Forest, « Les mythes ne sont la propriété de personne. Tout le monde connaît Peter Pan, mais rares sont les lecteurs qui, aujourd’hui, se souviennent du nom de son créateur, J. M. Barrie. Le personnage apparaît au sein d’une sorte de conte pour enfants inséré au cœur d’un roman pour adultes, Le Petit Oiseau blanc (1902). Dès 1904, Peter fait ses débuts sur les planches, en compagnie de la fée Clochette, du capitaine Crochet et des autres figures d’un pays imaginaire, le Neverland. La pièce s’intitule Peter Pan ou le Petit Garçon qui ne voulait pas grandir. Deux ans plus tard, les chapitres du roman de 1902 où figure ce jeune héros sont repris sous le titre Peter Pan dans les jardins de Kensington en un volume orné de planches d’Arthur Rackham. En 1911, un nouveau roman, Peter et Wendy, réorganise et complète l’histoire portée à la scène et restée inédite. Barrie ne publia qu’en 1928 sa pièce, dont il a retouché le texte pendant plus de vingt ans. Toujours jouée avec succès sur les scènes anglophones, elle restait jusqu’ici confidentielle en français. Ce volume présente dans des traductions nouvelles les textes participant du mythe de Peter Pan – dont certains étaient restés inédits du vivant de l’auteur – et les accompagne d’importants dossiers iconographiques. » Gallimard 2026, 1168 pages, 67,00 euros. 

PROMOUVOIR LA LECTURE DES JEUNES – À Bologne, plusieurs organisations internationales du livre lance un appel commun aux institutions publiques pour relancer les politiques de promotion de la lecture auprès des jeunes. Le texte, signé par l’International Publishers Association (IPA), l’International Board on Books for Young People (IBBY), la Federation of European Publishers (FEP), l’Association italienne des éditeurs (AIE), le Syndicat national de l’édition (SNE) et la Foire de Bologne place la lecture au rang d’outil décisif pour la vitalité démocratique. Au cœur de leur déclaration, ces organisations défendent une approche collective, estimant que la promotion de la lecture ne peut reposer sur un seul acteur, mais suppose d’associer le réseau le plus large possible : auteurs, éditeurs, librairies, bibliothèques, écoles, familles, spécialistes du développement de l’enfant et médias. Cette mobilisation, soulignent-elles, exige un soutien public clair, durable et inscrit dans le temps long, avec des financements capables de prendre en compte les réalités locales et régionales.

PRIX ANDERSEN – À Bologne, l’IBBY (International Board on Books for Young People) annonce les lauréats des Prix Hans Christian Andersen 2026, la plus haute distinction internationale dans le domaine de la littérature pour enfants. Écriture : Michael Rosen (Royaume-Uni) célébré pour son extraordinaire capacité à parler aux enfants avec honnêteté, humour et respect. « De la poésie à la non-fiction, l’œuvre de Rosen allie ludique et profondeur émotionnelle, invitant les jeunes lecteurs à explorer des thèmes complexes de l’histoire, de la famille et de l’identité. » ; Illustration : Cai Gao (Chine) honorée pour sa qualité artistique exceptionnelle et son langage visuel unique. « Les illustrations de Cai Gao pontent tradition et modernité, utilisant la couleur et la composition pour créer des mondes visuellement frappants et émotionnellement résonnants qui donnent aux enfants les moyens d’interpréter le monde qui les entoure. » Ces lauréats ont été choisis parmi 78 candidats répartis dans 44 pays par un jury international de dix experts. Ils rejoignent une riche lignée incluant Astrid Lindgren, Tove Jansson et Maurice Sendak.

REVUE – Vient de paraitre le numéro 10 (printemps 2026) de L’Oiseau Bleu titré La fabrique du temps en littérature de jeunesse. Lecture gratuite en ligne ici.

NOUVELLE DU FRONT – À Strasbourg (Bas-Rhin), l’affiche du carnaval 2026 a été créée en utilisant l’intelligence artificielle. Réaction de Clémence Dupont, illustratrice à Strasbourg depuis plus de 10 ans : « Je suis vraiment choquée par ce genre de visuel et par ce choix de la municipalité, à notre époque et dans une ville aussi riche culturellement. […] Je suis horrifiée parce que c’est la ville de l’illustration. Je trouve que c’est un manque de respect et qu’on a plein d’artistes qui pourraient faire ce genre de choses. Je comprends qu’on ne puisse pas mettre de l’illustration partout, mais ce qu’on veut, c’est qu’on arrête de faire de la fausse illustration avec de l’IA. […] Il est intolérable que des municipalités, et d’autant plus ici dans la ville de Tomi Ungerer, utilisent les IA génératives dans leur communication. » L’illustratrice pour la jeunesse Amandine Piu s’exprime dans le même sens : « Je suis dépitée. Même dans des salons du livre où l’on nous invite en tant qu’illustrateurs, on a vu passer des affiches faites par IA. C’est un signal d’alerte. Strasbourg, c’est le fief de l’illustration. Il y a eu des milliers de professionnels formés ici. » Emmanuel Georges, gérant de l’agence de communication strasbourgeoise mandatée par la ville, tente une justification : « On avait neuf jours. Un illustrateur ne va pas vous produire trois illustrations en couleur en neuf jours pour le même prix qu’une. Donc vous êtes obligé de demander à trois illustrateurs différents. Et là, le budget est déjà cramé, parce qu’on les rémunère même si leur piste n’est pas prise. »

ÉTATS GENERAUX – Pour la troisième édition des Dialogues de la littérature jeunesse, le Festival du livre de Paris accueillera la rencontre États généraux de la lecture pour la jeunesse : enjeux et perspectives d’un plan décennal, le vendredi 17 avril 2026, à 12 heures, sur la scène Concorde du Grand Palais, 17 avenue du Général Eisenhower à Paris. « Cette table ronde réunira médiateurs du livre, enseignants et institutionnels pour débattre des États généraux de la lecture pour la jeunesse et interroger l’avenir des jeunes lecteurs. Avec Géraldine Bannier, députée de la Mayenne, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, Antony Soron, enseignant à l’INSPE de Paris, Elise Lacharme, coordinatrice jeunesse du réseau des bibliothèques de Pantin et Bertille de la Broïse, conseillère livre et lecture à la DGESCO, qui échangeront sur les suites à donner à cette consultation initiée par les ministères de la Culture et de l’Education nationale.

DISPARITION – May Angeli, peintre, graveuse, auteure et illustratrice de littérature pour la jeunesse, est décédée le samedi 11 avril 2026 vient de décéder. Elle avait 88 ans. Née à Clichy d’une mère catholique, de noblesse mi-bretonne mi-gasconne, et d’un père juif ashkénaze tchèque, elle passe son enfance sur les routes de France à suivre ce père arrêté en 1940 et envoyé dans différents camps d’internement, d’Argelès-sur-Mer à la Drôme, avant son évasion pour rejoindre le maquis. « Pour nourrir ses trois enfants, ma mère a fait la bonne, désherbé des bois, travaillé à l’usine. Privée d’allocations familiales car ses enfants n’étaient pas français, elle n’a reçu aucune aide, mis à part quelques colis envoyés par une sœur religieuse. » De cette errance, May Angeli se rappelle sa terreur lorsqu’il fallait se cacher dans des granges à l’annonce d’une rafle, mais aussi le bonheur d’observer la nature et les animaux dont elle fera les personnages de ses livres. « Encouragée par mon père qui avait lui-même un bon coup de crayon, je dessinais beaucoup et je lisais tout ce qui me tombait sous la main, de La Bible au Facteur sonne toujours deux fois dévoré à 11 ans. » De retour à Paris avec sa famille, la jeune May reçoit une éducation libérale, entre sorties au cinéma et colonies de vacances en Tchécoslovaquie. Monsieur et madame Blumenfeld inscrivent leur fille dans le seul lycée mixte de la région parisienne où Madeleine Rebérioux, professeure d’histoire (et future présidente de la Ligue des droits de l’homme) propose aux élèves dont elle a la charge un horizon culturel élargi. Après le lycée, May Angeli fréquente assidument l’École nationale supérieure des arts appliqués. Premiers albums aux éditions de La Farandole parmi lesquels Christine et François (1961) et Le paravent aux images (1962), sur des textes de Madeleine Gilard, Le Petit macaque (1962), sur un texte de Maurice Jean, Histoire du Bernard l’ermite (1965), sur un texte de Marie-Louise Vert. Pour le Père Castor qu’elle a rejoint en 1969, elle met en images, entre 1971 et 1976, plusieurs « Enfants de la terre » : Aquino, petit indien du Mexique, Sarah, petite fille du voyage, Louis du Limousin, Santu de Corsica. À cette époque, l’illustratrice travaille indifféremment à l’aquarelle, au crayon, à l’encre et à la gouache. Événement déterminant : premier séjour en Tunisie, en 1975, où May Angeli découvre par hasard, dans un souk tunisois, la gravure sur bois. Elle décide de se former à cette technique aux ateliers de la mairie de Paris puis, en 1980 et 1981, à l’Institut des arts graphiques d’Urbino, en Italie, jusqu’à en faire sa signature artistique. Au Sorbier, grâce à Régine Lilensten séduite par la précision et la vigueur de son travail, sont publiées, entre 1992 et 1996, assorties d’illustrations en xylographie, les douze Histoires comme ça de Rudyard Kipling. Publiés dans le même temps Le Joueur de flûte de Hamelin, dans une transcription de François Mathieu (1996) et Qui perd la boule ? écrit par l’illustratrice elle-même (1998). « Je vis une partie de l’année en Tunisie où naissent une grande partie de mes histoires. Je m’inspire souvent de petites choses du quotidien. Il suffit de regarder autour de soi et les idées se bousculent. » May Angeli, adepte des carnets de croquis, a publié chez une quinzaine d’éditeurs. Citons particulièrement : Syros où l’accueille Françoise Mateu, Didier jeunesse, Le Seuil jeunesse, toujours avec Françoise Mateu, Bilboquet, L’élan vert, Ceres, éditeur tunisien, Thierry Magnier, La Joie de lire, maison d’édition suisse qui, en 2015, publie L’école est fermée, vive la révolution ! qu’aucun éditeur français n’avait voulu. « Dans un pays sans nom, c’est la révolution. L’école est fermée et un petit garçon s’ennuie. Il écoute les adultes discuter, son père, sa mère, les hommes au café. Il voit bien que plus rien n’est comme avant : les poubelles ne sont plus ramassées, les barques se font voler sur la plage, il y a des barrages tenus par des hommes en armes partout. Et même s’il ne comprend pas tout, il sent bien l’urgence et la gravité de la situation. » (extrait du quatrième de couverture). En 2018, May Angeli suit Caroline Drouot et Ilona Meyer qui quittent Le Seuil pour fonder les Éditions des Éléphants qui, de facto, devient l’éditeur quasi exclusif des dernières années avec une douzaine d’albums nouveaux dont – n’en retenons ici qu’un seul – L’Ours et le Canard, en 2019, une ode à l’amitié entre un canard plutôt vaniteux et un ours mal léché. May Angeli avait reçu, en 2002, avec Sylvie Baussier auteure du texte, le Prix Octogone, pour Petite histoire des langues, publié chez Syros, et, en 2013, à Moulins, le Grand Prix de l’Illustration, pour Des oiseaux, publié chez Thierry Magnier. Si, au fil du temps, elle écrit de plus en plus souvent ses propres textes, May Angeli prend grand plaisir à mettre des images sur ceux des autres et elle a ainsi réussi la gageure d’illustrer à l’ancienne, xylogravés en noir et blanc, deux romans de Jules Verne, L’Invasion de la mer et Le Rayon vert (Syros, 2003 et 2004). Elle a aussi, de loin en loin, travaillé pour le théâtre, particulièrement pour des spectacles de marionnettes, et pour le cinéma où elle a créé des affiches, des décors et des costumes. En juillet 2019, May Angeli avait fait don à la Bibliothèque nationale de France (BnF), d’un ensemble de plus de neuf cents planches, dessins et matrices représentatif de son travail. Elle a également offert au Fonds patrimonial de l’Heure joyeuse les maquettes et les gravures de plusieurs de ses albums tout comme elle offrait, chaque année, des œuvres pour la vente aux enchères du Muz. À l’annonce de son décès, le Seuil jeunesse a rendu un bel hommage dans un communiqué dont voici la conclusion : « Nous souhaitons aujourd’hui saluer une artiste lumineuse, engagée, curieuse, généreuse; mais aussi une femme profondément attachée à la liberté, à la beauté du monde et au partage. Son œuvre continuera longtemps d’accompagner les jeunes lecteurs, d’ouvrir des horizons, et de transmettre cette douceur grave qui lui était propre. » Son ami l’éditeur tunisien Karim Ben Smail, apporte, lui aussi, son témoignage : « Farouche défenseure de toutes les libertés, je me souviens de ce jour à Paris où un policier contrôlait un peu trop brutalement un passant noir, elle s’est approchée, très près. Et quand on lui a dit « Circulez ! », elle a répondu : « Non, j’observe, je témoigne. » La bibliographie de May Angeli est jalonnée d’albums engagés, malicieux et émouvants, qui défendent la liberté d’expression, le vivre-ensemble, la solidarité, le partage et le dialogue. Son œuvre est à lire comme un exemple impeccable de tolérance et d’ouverture d’esprit. Un amical pied de côté pour conclure ce court texte : May Angeli collectionnait les cuillères du monde.

 

 

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